L’Exil et le Royaume

Il extrêmement frappant de constater qu’un homme de la stature d’Alain Finkielkraut peut à la fois être d’une extraordinaire lucidité lorsqu’il traite des problèmes de la France et d’un aveuglement d’idéologue borné lorsqu’il traite des problèmes d’Israël.
Lorsqu’il se pose en défenseur de la notation à l’École en France parce qu’il éprouve avec des personnes de plus en plus nombreuses que le post-modernisme entraîne la société occidentale vers le bas, ce qui ne fait pas de lui un « réactionnaire », mais plutôt un observateur avisé de la société dans laquelle il vit, il est en phase avec son univers.Mais quand il articule que les prochaines élections en Israël seraient « celles de la dernière chance » et répète les poncifs éculés d’une gauche israélienne à bout de souffle, selon lesquels « l’occupation pervertit », ou évoque son soutien aux manifestations d’Arabes palestiniens contre  des établissements juifs prétendument illégaux, l’on peut légitimement se demander si nous vivons sur la même planète et mettre en doute son sens des réalités.

 

Déjà en 1986, dans une controverse entre l’auteur de ces lignes et Alain Finkielkraut publiée dans « Iggeret No1 de l’Institut Israël-Diaspora », nous écrivions à propos des jugements sur Israël des Juifs de l’Exil: « Le fait de ne pas partager in situ la destinée du Peuple qui réside à Sion les prive d’une quantité considérable d’informations, d’efforts à accomplir en commun, de solidarité vécue, de la dimension hébraïque de l’être juif que confère l’Israélité et donne à leurs jugements sur Israël une précarité qui rendrait souvent leurs déclarations ridicules si la dimension même du malentendu ne les faisait tragiques ».

36 ans plus tard, tout se passe comme si ce diagnostic était toujours dramatiquement d’actualité. En effet, après le discours d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) ce 14 Janvier où il ne craint pas de déclarer que « la Palestine n’a rien à voir avec les Juifs », où il reprend ses thèmes favoris négationnistes de la Shoah, où il affirme, au mépris de la plus élémentaire vérité que les Palestiniens n’ont pas refusé en leur temps les offres de paix successives, très généreuses, des Premiers Ministres d’Israël Ehoud Barak  et Ehoud Olmert, après les épisodes guerriers successifs du Hamas à partir de Gaza et du Hezbollah à partir du sud Liban, qui ont placé tout le territoire israélien sous la menace effective des missiles, obligeant notamment plus d’un million d’Israéliens à fuir leurs maisons, après les menaces continues des Iraniens d’éradiquer Israël  et leur fourniture d’armes modernes à leurs milices stationnées beaucoup trop près des centre urbains juifs, continuer d’adopter le narratif arabe de l’Histoire du Pays d’Israël  en ignorant les effets en droit international public de la déclaration de Sanremo de 1923 qui attribuait au Peuple Juif les deux rives du Jourdain et donc maintient à ce jour l’intégralité des droits de l’Etat d’Israël sur la rive ouest du Jourdain, continuer de parler d' »occupation » alors qu’en outre, Israël n’a pas le choix, mais doit conserver la souveraineté jusqu’au Jourdain, quitte à trouver une formule d’autonomie pour les Arabes de Judée-Samarie, c’est faire acte d’inconséquence suicidaire.

L’État souverain d’Israël est le surgeon des premier et second royaumes de Judée. Il personnifie et magnifie, par sa participation active aux avancées de la civilisation humaine, l’attachement millénaire du Peuple d’Israël à sa Patrie Historique. L’identité juive diasporique est, elle, toujours indexée à une autre identité. Il devient de plus en plus clair chaque jour que le temps du Retour, le temps du choix est venu. Il n’est pas surprenant que ceux qui optent pour la perpétuation de l’Exil, sombrent, à propos d’Israël, dans la confusion.

Léon ROZENBAUM

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