Morale et Politique

Le pire ennemi de la paix est la complaisance à soi-même. Cela est vrai au plan individuel mais aussi au niveau des Nations.
Tout le monde sait en Occident qu’Erdogan a transformé en quelques années un Etat très largement laïque et démocratique en une autocratie islamique en mettant à bas l’œuvre d’Atatürk. Ce dirigeant entend en outre renforcer ses pouvoirs en engrangeant par le vote de la Diaspora turque un soutien populaire pour le plébiscite qu’il organise dans quelques jours.
C’est pourquoi il a dépêché en Europe occidentale des membres de son gouvernement pour servir ce dessein.

Pourtant, tant les Pays-Bas que l’Allemagne ont refusé l’accès de leur territoire à ces propagandistes fossoyeurs de la démocratie turque.

Le Gouvernement français par contre a accueilli à bras ouverts ces personnalités du régime turc, brisant toute solidarité européenne et démocratique sur ce point.

Le plus intéressant et le plus révoltant fut d’entendre la prétendue justification de cette attitude: le soi-disant respect de la liberté de réunion.

Les libertés publiques sont probablement le concept le plus généreux que l’Occident chrétien laïcisé a donné au monde. Elles incluent la liberté de conscience, la liberté d’aller et de venir, la liberté d’opinion, celle de réunion, celle d’association, la liberté de la presse etc..

Rien ne caractérise mieux les pays occidentaux que la véritable mise en œuvre de ces libertés sur le terrain. Et c’est aussi ce climat de liberté qui a permis l’intense développement économique de ces pays.

Pourtant ma liberté finit là où commence celle des autres. La liberté n’est pas l’arbitraire. Sans une référence morale, pour chaque acte accompli, le mot liberté n’a plus de sens.

Or participer à la mise à mort de la démocratie turque est un acte immoral.

Il y a déjà bien longtemps que plusieurs démocraties occidentales et surtout la France piétinent allègrement la solidarité démocratique lorsqu’il s’agit d’Israël et n’hésitent pas à frayer avec les pires régimes contempteurs des libertés et ennemis déclarés de la seule démocratie du Proche-Orient.

Il n’est donc pas surprenant qu’une fois le pli pris, ce penchant devienne systématique et se cherche des justificatifs fallacieux. La moralisation de la vie politique passe autant par l’affirmation de la solidarité démocratique que par l’exigence d’intégrité individuelle.

Léon ROZENBAUM

 

 

 

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