QUE VONT FAIRE LES COLLABORATEURS REVOLTES ?

Hier, le 6 Avril 2021, la 25ème Knesset depuis le rétablissement de la souveraineté juive a prêté serment. Le problème est que c’est la quatrième en deux ans et que ce fait exprime une instabilité politique dangereuse dans une démocratie si particulière par l’hétérogénéité de sa population et sa situation géostratégique, comme l’Etat d’Israël.
Il convient certes de ne pas exagérer les dangers puisque dans le système constitutionnel israélien constitué d’une série de lois fondamentales, un Gouvernement de transition conserve légalement pratiquement toutes les compétences d’un Gouvernement ayant joui d’un vote de confiance et disposant d’une majorité stable au Parlement. Un corps de fonctionnaires dévoués assure par ailleurs, comme dans toutes les démocraties évoluées, la continuité de l’action de l’Etat.
La crise du Corona a, au total, été gérée au cœur de cette crise politique avec un certain brio par le Premier Ministre M. Netanyahou, ce que certains sont prêts à reconnaître malgré les haines et les jalousies, puisque Israël se trouve parmi les pays à avoir su pratiquement surmonter la crise sanitaire et la crise économique, ce qui, comme chacun sait, et loin d’être le cas de tous les pays , même développés.

D’autre part, c’est aussi pendant cette crise qu’ont été signés les « accords d’Abraham » qui redessinent la carte diplomatique et probablement, la carte politique du Proche-Orient, dans le sens d’une coopération judéo-arabe sans précédent, ouvrant la porte à un développement pacifique, agricole et technologique encore inconcevable il y a peu.

En dépit, donc, d’un bilan plus qu’honorable de l’action de Binyamin Netanyahou à la tête du Gouvernement depuis bientôt treize ans, qui compte encore beaucoup d’autres points positifs à son actif, l’usure du pouvoir d’une part et la fureur de la bourgeoisie laïque,  dite « de gauche » d’autre part, ont entraîné l’opposition à jouer le tout pour le tout contre le Gouvernement de la droite modérée. Ces cercles postmodernes et post-sionistes, en effet, se sentent écartés du pouvoir depuis trop longtemps à leur goût, mais conservent des positions de force dans certaines administrations comme celle de la Justice.

C’est ainsi qu’a été inspiré un procès à multiples facettes contre le Premier Ministre en exercice, dont beaucoup de juristes, dont l’auteur de ces lignes estiment qu’il existe une dissonance suspecte entre les faits allégués et leur prétendue qualification par le corps des procureurs, dont il est de notoriété publique qu’il est idéologiquement très orienté.

Il n’y a pas de précédent, ni en Israël ni dans le monde à l’incrimination pour corruption d’un homme politique parce que des personnes ont tenté de négocier, en son nom ou non, une diminution des attaques contre lui, par un organe de presse informatique, diminution qui finalement n’a pas eu lieu, ledit organe des presse continuant sans discontinuer ses attaques contre lui… Quant à l’affaire Bezeq, le projet gouvernemental de faire construire enfin un réseau informatique par fibres optiques en Israël a été délibéré de nombreuses fois dans divers aréopages officiels, débattu et publié largement dans la presse, étant entendu qu’il fallait assurer un financement à la société Bezeq, seule capable techniquement de réaliser ce réseau. Venir ensuite affirmer que ces avantages assurés à Bezeq en vue de ce financement constituent un acte de corruption relève d’une mauvaise foi grossière.

De fil en aiguille, on en vient à se demander si certains organes judiciaires de l’Etat ne se trouvent pas employés à servir certains intérêts idéologiques et politiques plutôt que la recherche de la vérité et de la Justice.

Les divisions de la nouvelle Knesset tiennent autant aux divergences idéologiques qu’aux querelles personnelles. Trois des leaders de petits partis sont tous d’anciens proches collaborateurs de Netanyahou déçus et amers. Ce chiffre est trop élevé pour que l’on ne suspecte pas légitimement M. Netanyahou de n’avoir pas su assurer sa propre relève.

Il reste que le Président de l’Etat qui a légalement la charge de confier la responsabilité de constituer une majorité parlementaire et un gouvernement, vient de charger M. Netanyahou de cette tâche puisque c’est lui qui a reçu le plus grand nombre de soutiens de la part de membres du parlement.

La question demeure de savoir si les anciens aides de Netanyahou, qui se considèrent tous idéologiquement comme de la droite modérée, surmonteront leurs rancœurs personnelles pour la défense de leurs principes ou si ils rejoindront l’idéologie post-moderne en s’alliant avec une gauche israélienne de plus en plus éloignée de l’Histoire et de la Tradition juives.

 

Léon Rozenbaum

 

 

 

 

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