Dans Gog et Magog, pour qui prendre parti?

Comme chacun sait, le Peuple Juif a un très long compte historique à régler tant avec la civilisation chrétienne qu’avec la civilisation musulmane.
Dans chacune des deux, les Juifs ont eu à subir des exactions, des brimades, des conversions forcées et des massacres.
Depuis le rétablissement de la souveraineté juive dans son pays, l’hostilité prend des formes variées, souvent aigües, même si les règles de ces jeux cruels ont changé, essentiellement du fait de la puissance de Tsahal et du développement technologique d’Israël.
Or, nous assistons à l’affrontement renouvelé entre l’Occident, enraciné dans la civilisation chrétienne, d’un côté, et l’Islam de l’autre, entre Edom et Ishmaël selon les archétypes décryptés par la pensée juive.

La désaffection des Eglises en Europe et l’établissement massif de Musulmans sur ce continent s’inscrivent dans cette confrontation.

De qui sommes-nous, nous Juifs, les plus proches, ou plutôt les moins éloignés, compte tenu du passé et des rapports de force actuels?

La question est moins simple qu’il n’y paraît. En effet si la morale chrétienne est proche de la morale juive, puisque, pour l’essentiel, elle en est la copie, en revanche, la théologie musulmane est, elle, beaucoup plus proche de la théologie juive que la théologie chrétienne qui s’en éloigne considérablement.

Mais d’autre part, si depuis 1948, l’hostilité politique des pays musulmans à l’égard d’Israël semblait inexpiable, la paix entre Israël et l’Egypte et entre Israël et la Jordanie et la montée du fondamentalisme musulman ont considérablement nuancé l’approche de certains courants dans le monde arabe à l’égard de l’Etat d’Israël et des Juifs.

D’autre part, si depuis la Shoah, l’Occident a lentement pris conscience de l’énormité de cette catastrophe morale, l’Europe occidentale, particulièrement, a développé à l’égard d’Israël une hargne doucereuse qui s’exprime tant dans les institutions internationales que par un soutien insensé des politiques et de la presse aux organisations terroristes palestiniennes, quel que soit leur programme génocidaire antijuif.

Avec la multiplication des attentats islamiques en Europe on aurait pu s’attendre à la naissance d’une certaine compréhension occidentale, voire d’une solidarité avec Israël. Or celle-ci n’est pas venue et au contraire l’Occident s’embourbe dans l’illusion absurde qu’il sauvera sa peau en livrant les Juifs à la vindicte musulmane. Sacrifier Israël sur l’Autel d’une fausse paix en privant Israël de toute profondeur stratégique, continue de constituer la doxa de la bien-pensance occidentale.

L’abandon par les Occidentaux de toute spiritualité religieuse semble bien constituer la toile de fond de la désagrégation de la conscience nationale dans ces pays et en font des proies faciles pour l’activisme musulman qui s’articule autant sur une pratique rituelle qui peut séduire que sur une vision politique conquérante que l’Histoire et la pratique concrète dans le monde musulman actuel confirment de la façon la plus évidente.

Comme le pire serait, pour tout le monde, un effondrement rapide de l’Occident, il semble que nous devions apporter un soutien critique aux uns et aux autres, du moins à ceux pour qui la Bible hébraïque et la morale universelle qui s’en dégage a un sens.

Léon ROZENBAUM

 

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