Le pouvoir corrompt

Certes, l’actualité des dernières années a prouvé qu’en Israël aucun citoyen n’est au-dessus de tout soupçon. Si un Président de l’Etat, un Premier-Ministre, un Ministre des Finances et des Députés ont pu se retrouver en prison, cela tend à bien montrer que la Justice israélienne ne se laisse impressionner par personne et que les titres les plus prestigieux n’arrêtent pas son glaive. Face à la loi, dans notre pays, tous les hommes sont égaux et c’est là un gage d’attachement aux principes démocratiques.
Pourtant, il semble bien qu’il y ait de la part de certains cercles de la police et des Procureurs une nette tendance à l’exagération.

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Dès le dix-huitième siècle les philosophes des lumières avaient discerné que le pouvoir corrompt et Locke avait imaginé un système de « freins et contrepoids ». Or le pouvoir corrupteur peut ne pas émaner seulement de l’Exécutif et de son chef mais aussi de certaines places fortes de l’Etat qui ont acquis ou se sont attribuées des compétences exorbitantes.

En effet, rien n’est plus facile pour détruire l’ambition ou la carrière politique d’une personnalité publique que de lancer une enquête sur son compte et de le faire savoir. La presse, majoritairement de gauche, surtout si la personnalité ne lui plait pas, se fera un plaisir de faire enfler la rumeur. Déjà, plusieurs cas au cours des dernières années ont bien montré l' »efficacité » du système.

Seulement, ces pratiques sont une atteinte très grave à la loi et au principe démocratique. Le principe absolu en démocratie doit demeurer celui de la présomption d’innocence. Tant qu’un tribunal n’a pas prononcé une condamnation définitive, même une personne faisant l’objet d’un acte d’accusation est, en démocratie authentique, présumée innocente.

Dans le cas de M. Netanyahou, l’acharnement flicard à lui chercher des noises pour les cadeaux reçus d’amis personnels, sous forme de cigares et de champagne, pour ses conversations avec un magnat de la presse afin soi-disant de modérer les attaques contre lui en échange d’on ne sait quelle diminution du tirage d’un journal favorable à la majorité gouvernementale, ou pour ses liens de famille avec l’avocat qui  a joué un rôle dans l’acquisition de sous-marins stratégiques, comme si une telle décision éminemment politique, n’était qu’une affaire de prébende et comme si les marchands d’armes à milliards ne faisaient pas appel à des « facilitateurs », prend des allures de manipulation anti-démocratique.

Ce que la gauche n’a pas obtenu devant l’électorat, elle tente de l’avoir par des condamnations pénales résultat d’une campagne de dénigrement.

En tant qu’avocat formé en France, je n’ai jamais pu vraiment concevoir le chef d’accusation prévu par le droit israélien d' »atteinte à la confiance » (Hafarat Emounim). Cette infraction m’a toujours parue de nature subjective et impossible à doser et difficile même à qualifier. Ce n’est pas un hasard si elle est mise à toutes les sauces dans la campagne anti-Netanyahou.

Le principe en droit israélien est qu’il est interdit de parler publiquement d’affaires « sub judice », en cours d’examen en Justice. C’est cette idée qui pousse beaucoup de gens à ne pas prendre position pour Netanyahou. Mais précisément aucune de ces affaires n’est examinée en Justice et celles-ci font seulement l’objet d’enquêtes de police. Rien n’interdit de donner son avis et surtout de réfléchir. Il importe que le public juif en France soit à même de comprendre les enjeux.

Léon ROZENBAUM

 

 

 

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