Manœuvres franco-palestiniennes

Il semble que l’on ne prenne pas la mesure de la virulence de la manœuvre violemment anti-israélienne qu’est en train de tenter la diplomatie française pour cet automne. Il s’agit, de concert avec l’Autorité Palestinienne, de rien de moins que d’essayer de ruiner la base légale de la présence juive souveraine en Terre d’Israël.

Depuis 4000 ans, le Pays que la Bible désigne comme la « Terre des Hébreux » se situe entre Jourdain et Méditerranée et entre le Liban et « le fleuve d’Egypte », une petite contrée vaste comme à peine trois départements français dont la moitié est désertique. Sous le règne du Roi Hébreu Salomon notamment, le pays a également inclus la Transjordanie. Après la destruction du second Royaume de Judée par les Romains, les Judéens, devenus les Juifs, sont restés étonnamment fidèles à leur patrie: il suffit de consulter leur calendrier liturgique quotidien, mensuel et annuel pour s’en convaincre.

Cependant il leur a fallu attendre 19 siècles d’exil pour qu’une organisation internationale à vocation universelle, la Société des Nations, reconnaisse enfin leur droit à se rétablir dans leur patrie historique. Par le traité de San Remo de 1923, les principales puissances de l’époque ont formellement reconnu le droit des Juifs à un « foyer national » en Terre d’Israël que l’Occident dénommait: « Palestine ». Cette reconnaissance faisait suite à la « Déclaration Balfour », prise de position politique  en 1917 de l’un des dirigeants de l’un des plus grands Etats de ce temps, la Grande-Bretagne, obtenue de haute lutte par l’avant-garde des combattants de l’indépendance juive, le Mouvement Sioniste.

Or, le traité de San Remo demeure à ce jour, avec le droit imprescriptible du Peuple Juif au rétablissement de sa souveraineté dans son Pays, l’une des bases légales en Droit International Public pour la présence juive en Terre d’Israël. Il suffit de consulter les documents de l’époque pour constater que le territoire appelé à accueillir le foyer et donc, en vertu du droit à l’autodétermination, l’Etat  Juif, incluait le territoire actuel d’Israël, la Judée et la Samarie, Gaza et la Transjordanie.

Toutes les agressions armées arabes postérieures et notamment l’appropriation par la force par la Jordanie -créée en 1946 par la Grande-Bretagne en violation de ses obligations internationales en vertu du mandat qui lui avait été confié en 1923 à San-Remo- de la Judée et de la Samarie et l’appropriation par la force par l’Egypte de la région de Gaza, n’ont jamais eu aucune valeur juridique.

Lorsque qu’après une tentative avouée de génocide des armées arabes contre Israël (voir les déclarations publiques de Gamal Abd El Nasser et d’Ahmed Choukeiri), les agresseurs ont été repoussés et différents territoires ont été libérés par les forces armées d’Israël, l’installation de villes et villages juifs en Judée et en Samarie et dans la région de Gaza est parfaitement légale, quoi que répètent à longueur d’années les menteurs patentés ou les ignorants  des principes du droit international, en Occident, dans le monde Arabe et ailleurs. Or les données stratégiques ne mentent pas: sans une profondeur minimale d’une cinquantaine de kilomètres, sur la ligne du Jourdain, l’Etat d’Israël est indéfendable, surtout lorsque DAESH et les supplétifs iraniens cognent à vos frontières.

Si le traité de paix israélo-jordanien a mis un terme aux prétentions israéliennes sur la Transjordanie (les 3/5 de la Palestine mandataire), les Accords d’Oslo n’ont nullement porté atteinte aux droits des Juifs sur la Judée, la Samarie et Gaza. Toutes sortes de formules transactionnelles auraient pu être trouvées depuis longtemps si la direction des Arabes palestiniens ne s’obstinait à refuser toute légitimité à la souveraineté juive en Eretz-Israël/Palestine, laissant la place éternellement à une menace future de destruction.

Or la France déploie actuellement tous les efforts pour obtenir du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, organisation qui a pris la suite de la  Société des Nations, une révision du Traité de San Remo qui ruinerait les prétentions d’Israël sur sa terre. En effet, dans certains cas les décisions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sont créatrices de droit international. Il est malheureusement évident que la profonde déviance anti-israélienne de la diplomatie française, loin de prendre en compte les véritables dispositions légales-et notamment ses obligations comme garante des Accords d’Oslo-, se dispose à rogner par tous les moyens les droits de l’Etat juif souverain, tentant de nouveau de le mettre en péril. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la déclaration de Mahmoud Abbas dit Abou Mazen, d’attaquer en Justice la Grande-Bretagne en raison de la Déclaration Balfour. Cette déclaration n’est nullement comique, elle fait partie d’un plan. Le Premier Ministre israélien vient de déclarer à la tribune de l’ONU qu’Israël ne reconnaitrait aucune atteinte à ses droits. Il est grand temps de mobiliser les soutiens d’Israël contre cette politique obtuse de l’actuel Gouvernement français.

 

Léon ROZENBAUM

Avocat à Jérusalem

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