La Justice, la justice poursuis-la!

En fin de compte, quand on s’interroge sur la situation politique réelle en Israël, alors que le pays fait route vers sa quatrième campagne électorale en deux ans, il convient de se poser la question de savoir si la hiérarchie judiciaire et particulièrement le corps de procureurs a été réellement capable de susciter gratuitement, pour des motivations politiques et idéologiques, une série d’accusations pénales contre le Premier-Ministre, M. Binyamin Netanyahou ou non.
Dans les deux cas la situation est grave. Si les faits reprochés au Premier-Ministre par les organes officiels de l’Etat sont réellement fondés en fait et en droit, Ce dernier ne devrait déjà plus être à la tête de l’Exécutif.
Mais si ces mêmes organes fomentent en réalité une tentative de coup d’Etat en abusant de leurs pouvoirs de lancer des accusations au nom de l’Etat, pour mobiles idéologiques, que les tribunaux transformeront ou non en condamnations, cela est plus grave encore.

L’Etat juif souverain est à la fois une démocratie ordinaire du début du 21ème siècle qui affronte les mêmes écueils que les autres pays démocratiques à cette même époque, et un concentré d’humanité agité, ne ressemblant à aucun autre, puisqu’il est le rassemblement récent des Juifs dispersés pendant deux mille ans au sein de toutes les familles humaines et revenus dans leur patrie portant largement leurs valeurs et leurs manières d’être homme.

La reconstitution du tissu national juif n’aurait pas été possible sans un attachement profond de tous à des racines spirituelles, historiques, et mêmes familiales hébraïques d’une force peu commune. Même s’il est difficile parfois de comprendre comment cette mosaïque fonctionne, force est de constater, après 73 ans, que les succès de l’Etat d’Israël sont incontestables dans de nombreux domaines.

Tout cela engendre le plus souvent un maelstrom tout à la fois d’idées, de querelles, de fraternité, d’affirmations, de croyances, d’anathèmes, de créativité, de lumières et d’ombres.

Il est donc fréquent qu’une longue tradition de résistance à l’oppression en vienne à justifier, au nom de la justice, des prises de positions tranchées et opposées, quand chaque partie est persuadée de défendre des valeurs qui la transcendent, ce qui rend les affrontements d’autant plus violents.

L’auteur de ces lignes a étudié le droit en France et est devenu avocat israélien en 1979. A plusieurs reprises, il a été témoin tant de la part de procureurs que la part de magistrats, de comportements, à n’en pas douter fondés sur l’intime conviction de ces personnes de devoir défendre le droit et l’ordre, mais qu’il ne saurait qualifier autrement que « débordements » durant lesquels l’idéologie, généralement « laïque » a largement pris le pas sur les principes juridiques et la procédure tant dans leur lettre que dans leur esprit.

Dans le « Kulturkampf » le combat culturel qui divise la Nation d’Israël depuis le rétablissement de notre souveraineté, qui oppose les tenants d’un lien fort de la société israélienne à l’Hébraïsme et ses valeurs à ceux pour qui le modèle de l’Europe post-moderne constitue le seul cadre possible de la vie en commun en Israël, il n’est pas rare que certains épisodes prennent un tour paroxystique. C’est pourquoi le signataire du présent article n’exclut pas la possibilité que les actes d’accusation dressés contre Netanyahou, portant sur des faits toujours « à la limite » ne relève de ce type de haine gratuite, fruit empoisonné de ces débordements idéologiques qui soudain font oublier à certains responsables de la hiérarchie judiciaire les règles les plus élémentaires de l’honnêteté intellectuelle.

 

Léon Rozenbaum

 

 

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