La haine gratuite comme moteur politique

L’on ne peut pas ne pas remarquer que trois au moins des petits partis membres de la nouvelle coalition gouvernementale et qui se positionnent à droite de l’échiquier politique, ont à leur tête, chacun, un ancien proche collaborateur de Netanyahou révolté contre son autorité, y compris le nouveau Premier Ministre. Cela laisse planer un doute sérieux sur la véritable motivation de leur démarche. Peut-être est-ce aussi le défaut de la cuirasse du Premier-Ministre sortant qui n’a pas vraiment été capable de construire sa succession.

Mais ce qui fait vraiment question, c’est le caractère de girouette politique du Premier Ministre qui s’est fait élire par des électeurs à qui il avait assuré qu’il ne participerait qu’à un gouvernement de droite et donc sous la direction de M. Netanyahou qui en dirige le principal parti, pour tourner casaque, en devenant au prix d’une tortueuse négociation, le premier chef de gouvernement israélien à la tête d’un parti mineur disposant de six députés seulement.

Si, parmi ces électeurs, des dizaines de milliers d’entre eux se sentent floués, ils ont donc de bonnes raisons pour cela.

Les éléments qui forment la nouvelle coalition ne sont d’accord à peu près sur rien, sauf sur leur souhait de faire tomber nommément M. Netanyahou. Cela est largement insuffisant pour gérer un pays comme Israël, toujours au cœur de tensions internes et externes considérables.

Ce qui se dégage en filigrane de cette aventure est essentiellement la lutte sous-jacente, déjà ancienne, entre les citoyens qui désirent que l’Etat d’Israël demeure en prise directe sur la foi et la tradition juives, la « droite » d’une part, et ceux, la « gauche », qui souhaitent aligner le pays, au niveau des principes, sur une Europe chrétienne laïcisée, elle-même en perte d’identité.

Ceux qui recherchent sincèrement le bien du Peuple et de l’Etat d’Israël ne savent plus très bien maintenant ce qu’il faut souhaiter le plus : la chute immédiate de ce gouvernement incongru, sommet de l’incompétence, mère de tous les dangers et que seule la haine gratuite cimente, ou une mi-temps de tranquillité et de stabilisation après cette crise politique artificielle, sans justification de fond réelle, pour que les vraies lignes de force réapparaissent, apaisées et sans faux semblants. Nul doute qu’alors l’attachement d’Israël à ses sources s’imposera de lui-même.

 

Léon Rozenbaum

1 Comment

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*