La carte d’identité de cette civilisation, la Bible hébraïque, raconte le lent cheminement de l’Humanité originelle vers ce but. La stratégie des Patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, au vu des nombreux échecs, a consisté à constituer à partir d’une famille, un peuple qui fera sien cet objectif et qui, de proche en proche, convaincra tous les hommes d’accepter ce programme, chaque peuple à sa manière, mais avec certains principes communs.
Depuis quatre mille ans, le peuple Hébreu, implanté sur sa terre pendant des siècles puis devenu le peuple Juif après la perte de l’indépendance dans son pays, puis dispersé au sein des peuples, est resté fidèle à cette espérance, pour l’Humanité et pour lui-même.
La « Bonne Nouvelle » dont il est porteur est que la rédemption est possible, que l’Exil n’est pas inéluctable. L’exil de l’âme dans ce monde encore désastreux et son propre exil de dix-neuf siècles, loin de son pays.
Deux grandes civilisations, la Chrétienté et l’Islam ont, chacune à sa manière, puisé dans la tradition d’Israël et ont contribué au recul de l’idolâtrie dans le monde. Pourtant, leur parenté même avec le Judaïsme a engendré des relations ambigües d’attraction-répulsion régulièrement génératrices de la haine des Juifs.
La Shoah, le massacre sélectif de masse des Juifs d’Europe au 20ème siècle, soit un tiers du Peuple Juif, et la campagne mondiale actuelle de l’essentiel des Etats musulmans contre la souveraineté juive rétablie dans son pays, sont les avatars catastrophiques de ces prémisses.
Pour les Juifs, le temps de l’Exil est fini et la contribution de l’Etat d’Israël, l’Etat juif souverain, à la civilisation humaine, dans les domaines agricole, médical, technologique et autres, en 70 ans, ne constitue que les graines de l’espérance pour l’humanité entière.
Déjà, une majorité des Juifs réels a rallié Israël. Mais dès qu’un nombre encore plus significatif des Juifs de la Diaspora sera passé à l’acte du Retour, l’Humanité souffrante pourra être rédimée par l’exemple d’une société créatrice et généreuse.
Même si, en Israël même, certains ont conservé l’approche exilique à la semelle de leurs souliers, et singent l’échelle des valeurs d’un Occident à la dérive, le phénomène apparaît de plus en plus comme une maladie d’enfance passagère.
L’option de foi qu’a choisie Israël est son secret, son moteur, son passé et son avenir. La responsabilité de notre génération du Retour est peut-être la plus lourde de l’Histoire et touche, sans aucun doute, aux fins dernières de l’Humanité.
Léon ROZENBAUM
Notes:
(1)Rav Léon Askenazi-Manitou
voila resumé l essence de notre epoque , la dynamique juive accelere sous nos yeux pour eclairer l humanité