La montée des périls

Les Juifs ont toujours eu de bonnes raisons d’être attentifs aux évolutions des sociétés dans lesquelles ils vivent. Il va sans dire que les mouvements politiques et sociaux dans un pays quelconque, dès qu’intervient une déstabilisation pour quelque raison que ce soit, risquent toujours de déboucher sur une crise antisémite avec son cortège d’agressions et de malheurs.
La réémergence de la souveraineté juive au Pays d’Israël n’a certes pas conjuré tous les dangers, mais du moins, elle en a changé la nature: désormais, pour les Juifs d’Israël, une explosion de la haine des Juifs ne vient pas de l’intérieur même de la société mais de l’extérieur.

Lorsque vous avez constitué une force armée puissante, ce sont vos soldats qui sont exposés- mais à armes égales- et non plus les femmes, les enfants et les vieillards, comme pendant si longtemps.

Dix-huit siècles d’exil et de tribulations ont façonnés la conscience juive de telle façon que ces derniers ont généralement su lire les signes avant-coureurs des déséquilibres sociaux dangereux pour leur vie et ils savaient quand il était temps de partir.

Pourtant l’entrée des Juifs dans la société libérale, leur « émancipation » au 19ème siècle a largement émoussé cette capacité de lecture. La Shoah est aussi partiellement le résultat de cette perte des systèmes d’alerte.

Notre génération est contemporaine d’une autre difficulté, celle du déni. Quand la société entière nie les dangers très réels auxquels elle est confrontée comme par exemple dans l’Europe actuelle la montée en puissance de l’Islam, pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas tendance à oublier les avertissements de leur Histoire spécifique?

Or l’assassinat de Juifs en France depuis l’an 2000 est devenu une quasi banalité et la société globale, comme la communauté juive, ont trop longtemps feint de ne pas voir et ne pas entendre.

Il est frappant de constater que de nombreux Juifs très assimilés en France redécouvrent aujourd’hui leurs racines à travers des groupes « Internet » qui s’obstinent à ne demeurer que « culturels », puisque la dimension religieuse et politique du Judaïsme leur fait encore trop peur, puisqu’ils sont demeurés au stade de l' »émancipation ».

Sans vouloir être prophète de malheur, il serait irresponsable pour la seconde génération de la Shoah, de ne pas envisager ce que pourrait devenir un mouvement politique qui allierait la chasse aux Juifs et l’informatique…

La vitesse de la  dégradation est telle en Europe et ailleurs, que ceux pour qui le Peuple Juif importe ne peuvent se permettre d’attendre un lent réveil du déni et une prise de conscience à l’échelle d’une décade.

Et ce quand l’Etat d’Israël, l’Etat juif souverain,  a atteint un stade de développement tel  que par un effort commun, il pourrait assurer le salut de tous, sans catastrophe. A bon entendeur, salut!

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