Persuader la Diaspora du nécessaire retour au Pays

Le processus de libération et de renaissance du Peuple d’Israël dans son pays s’avère long et difficile, plein de soubresauts et de surprises. Depuis les débuts de la dispersion puis après la perte de l’indépendance juive, chaque génération de Juifs restés dans l’authenticité de la Nation et de la foi d’Israël, a rêvé du retour.

 Il suffit pour se convaincre de la véracité de ce message, de comprendre l’Hébreu et de se référer, avec un minimum d’honnêteté intellectuelle, à la liturgie quotidienne, psalmodiée trois fois par jour depuis vingt-quatre siècles au moins et plus encore, à la liturgie des grandes fêtes.  Parfois, au long des siècles, des Juifs ont cessé de rêver, ont bravé tous les dangers et ont  accompli ce Retour, assurant malgré les épreuves, avec ceux qui étaient toujours demeurés au Pays, une permanence juive sur la Terre d’Israël.

Pourtant, une fois établis en exil, beaucoup de Juifs à chaque génération, se sont pris d’affection pour le pays d’accueil voire, ont fini par « oublier » qu’ils étaient en exil. La fidélité qui est comme une seconde nature de l’identité juive a alors souvent changé paradoxalement de signe: les Juifs sont devenus fidèles à leur exil… Cette donnée de l’équation juive reste encore aujourd’hui la source d’ambiguïtés et de drames.

C’est au 19ème siècle que le Retour a pris un tour sérieux. Depuis les Amants de Sion dans les années 80 du dix-neuvième siècle en passant par HERZL et la fondation du Mouvement Sioniste, puis la Déclaration Balfour et le Traité de Sanremo, les livres blancs britanniques, la Shoah qui au passage a massacré aussi les milliers de jeunes gens et jeunes filles, dans toute l’Europe, qui préparaient leur départ pour la Palestine juive, le vote du plan de partage de la Palestine occidentale à l’ONU, la proclamation de l’Etat et la résurrection de la souveraineté juive, la guerre d’Indépendance, l’Opération Kadesh en 1956, la guerre des 6 jours en 1967 et la réunification de Jérusalem, la guerre de Kippour en 1973, les guerres du Liban, la guerre du Golfe, les opérations inévitables à Gaza et en Judée-Samarie face au terrorisme insane, la folie des « accords d’Oslo » remettant la sécurité d’Israël entre les mains d’Arafat, jusqu’aux menaces actuelles de l’Iran des Ayatollahs, du Hezbollah, et de l’Etat Islamique, l’assimilation galopante en Diaspora, le Peuple d’Israël a dû faire face et continue d’assumer des défis sans nom.

En dépit de tout, durant une seule génération, l’Etat d’Israël a connu un développement exceptionnel, en vérité sans comparaison avec aucun autre exemple dans l’Histoire. En 70 ans, un territoire minuscule subaride et déshérité est devenu un Etat du niveau de l’Europe occidentale d’une créativité remarquable et une puissance militaire non négligeable. Tout se passe comme si la montée exponentielle de l’antijudaïsme, de l’antisémitisme et de l’antisionisme en Europe et en Occident, ouvrait la voie au rassemblement définitif des Exils d’Israël, une chance pour le monde qui retrouve ainsi, par ses Juifs, en un point de lui-même, l’unité première de l’Humanité précédent la dispersion de Babel.

Encore faut-il que les faux-semblants, les intérêts réels et supposés des cadres Juifs authentiques ou autoproclamés ne viennent pas saboter un processus qui s’avère chaque jour un peu plus nécessaire et prometteur pour l’humanité entière. Il reste donc à convaincre les élites diasporiques et les cercles dirigeants israéliens que l’Alyah des pays occidentaux ne peut pas et ne doit pas être une Alyah de détresse. Nous devons ensemble la réinventer pour l’adapter aux circonstances.

Léon ROZENBAUM

Une réponse sur Persuader la Diaspora du nécessaire retour au Pays

  1. Je vis en ‘houts laarets (en cdehors d’Israël) par la force des choses. Ma fidélité a toujours été envers Israël, mon seul amour, ma seule maison.

    Je compte bien y retourner, car vivre loin d’Israël c’est mourir étouffé.

    Je ne me suis jamais senti chez moi en France et je considère ce pays comme tous les autres pays de diaspora : un pays d’accueil.

    Nous n’avons pas choisi nos pays d’accueil, le plus souvent, nous nous y sommes installés parce qu’ils nous ont accepté et que nous ne pouvions plus rester dans le pays d’accueil précédent.

    A choisir, aurions-nous quitté note terre pour vivre plus de 2 000 ans loin d’elle ? Non, je suis convaincu que non. Notre diaspora n’est pas un choix, elle est subie. Après, certains s’en accommodent plus ou moins, mais nous n’y sommes pas chez nous.

    ‘Ami Artsi עמי ארצי
    https://jsuisjreste.wordpress.com

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